Transition vers le bien être

Jean-luc Tramoni, président de l’association environementale : La Ruche de La Vallée

La transition vers le « Bien Etre » ( le monde d’après )

Cette crise sanitaire sans précédent nous donne aujourd’hui une vision concrète sur le dysfonctionnement et la fragilité de nos sociétés mondialisées, de nos modes de vie , de production et de consommation à mettre  en lien avec la nature et notre planète qui nous accueille et nous nourrit, et du manque de vision et d’anticipation de nos gouvernants jusqu’à ce jour  ou le coronavirus est apparu et a stoppé la quasi-totalité de l’économie mondiale , mettant à mal notre modèle économique de développement. 

 Pour entrevoir le monde d’après  , ou le monde de demain , nous devons déjà nous interroger sur pourquoi et comment nous en sommes arrivés là , puis ensuite concevoir et réinventer un nouveau monde et prendre un autre départ sur de nouvelles bases . L’erreur serait de repartir sur les fondations ou plutôt les débris  du monde d’hier qui, nous le voyons bien, n’a plus d’avenir tel qu’il était jusqu’à présent,  et nous emmène, si nous ne changeons rien,  droit dans le mur !

Notre mode de vie a  reçu de plein fouet une 1er vague de déstabilisation  avec la pandémie , nous allons en avoir une 2éme avec une crise économique mondiale et sociale sans précédent et nous en aurons une troisième avec le changement climatique . Il est donc temps de se poser les bonnes questions , de changer de paradigme, de changer de lunette pour voir le monde avec d’autres optiques,  ne pas avoir peur de nous critiquer, d’accepter nos erreurs et d’arrêter enfin le déni et de refuser de voir en face ce qui nous attend.   

Pour ce 1er article du « monde d’après » je voudrais mettre à la barre des accusés celui qui me semble être responsable de la plupart de nos maux , l’indice de mesure de notre développement , j’ai nommé : le PIB !

 Vers la Transition du « bien-être » et de son  taux : l’IBE (indice de bien être)  

 Le PIB mesure la production de bien et de service échangés sur les marchés et monétarisés sur une période donnée en comptabilisant les flux de revenus , de dépense ou de valeur ajoutée . La croissance désigne l’augmentation du PIB en prix constant.

Cet indicateur a été créé par Simon Kurznetz en 1930 pour prendre la mesure de la grande dépression et fut couronné roi de toutes les statistiques par la conférence de Bretton Wood en 1944 .
Cet indicateur mesure donc une production et non un indice de bonheur, de bien être , de satisfaction .Et si cet indice était  la cause de tous nos maux et  d’une certaine manière la cause de ce que nous vivons en moment ?

 Le PIB mesure tout sauf ce qui vaut la peine de vivre sur notre terre . En effet, c’est un constat difficilement contestable que de voir qu’il sacrifie le bien être , la résilience, la soutenabilité, l’égalité,   et a un coût humain considérable : maladie respiratoire causée par la pollution, extermination des espèces vivantes avec lesquelles nous partageons la vie sur cette planète , disparition des insectes, des oiseaux , des abeilles , déforestation , épuisement des ressources, réchauffement climatique, apparition d’épidémie et maintenant de pandémie etc……

Tous nos dirigeants n’ont pourtant pour  boussole et ne regardent qu’un indicateur : le taux de  croissance ( augmentation du PIB ) . La plupart des politiques publiques sont élaborés en fonction de ce taux .

Pour autant cet indicateur pose plusieurs autres questions : une croissance éternelle et infinie est-elle possible ? est-elle matériellement soutenable ? Est-elle vraiment bonne l’humanité ?

Voici quelques chiffres pour mesurer son évolution affolante au cours des précédentes décennies

1800 : 175 milliard de dollars ( d’aujourd’hui ) .
2000 : 41 160 Milliard de dollars  soit 235 fois plus qu’en 1820
2017 : 79 280 Milliards de dollars soit presque 2 fois plus qu’en 2000

Au travers de ces chiffres et de cette courbe ( exponentielle ) , nous pouvons immédiatement mesurer la problématique qui nous attend .

En effet , nous observons une augmentation exponentielle ( le PIB a été multiplié par 235 en 180 ans et par 470 en moins de 200 ans ) . Combien de temps cela peut-t-il continuer ainsi ?

Est-ce que cela peut durer indéfiniment ? La croissance éternelle et  illimitée est-elle possible ?

Les mathématiques nous enseignent que les exponentielles tendent vers l’infini , oui mais dans un univers infini , or il n’échappe à personne que nous vivons sur une planète aux contours limités et aux ressources limitées . Cependant nous vivons comme s’il n’y avait aucune limite , comme si nos ressources étaient illimitées au mépris de toute autre forme de vie sur terre .

Ne pas tenir compte des limites est une hérésie et un déni des lois physiques et mathématiques  et une incompréhension des équilibres qui ont mis des millions d’années à s’établir . Une croissance infinie ( c’est-à-dire l’augmentation constante du PIB ) n’est donc pas possible ni réaliste, ni même souhaitable !  

Cette croissance mondiale exponentielle est liée à d’autres paramètres :  utilisation depuis près de 200 ans des énergies fossiles , pétrole, charbon, gaz qui comme nous le savons  entrainent un effet de serre et donc un réchauffement climatique sans précédent , augmentation de la population mondiale également exponentielle qui induit une pression également sans précédent sur les ressources de la planète d’où un effondrement dramatique de la biodiversité et laisse de moins en moins de place à la vie des autres espèces vivantes avec lesquelles nous partageons notre espace limité , ce qui induit une proximité de plus en plus proche avec les espèces animales source de zoonoses et donc de virus et de pandémie. 

Nous devons remplacer les indicateurs :  « bonne santé des marchés financiers » par « bonne santé de la planète, des écosystèmes, du climat, et des humains  » .
Notre modèle économique , plutôt que d’être productif est destructeur ! Certes il produit des biens et des services mais il détruit le monde dans lequel nous vivons . il ne crée pas une croissance mais une décroissance en terme de santé à long terme , d’appauvrissement des sols, de chute  dramatique des espèces , de déforestation, d’épuisement des ressources durables .

 Nous sommes la seule espèce à vivre et nous multiplier massivement et rapidement en détruisant notre environnement , la seule avec les virus !!!

 Quels sont les oiseaux qui détruisent les arbres sur lesquels ils créent leur nid et exterminent les insectes qui les font vivre ? 

Combien de temps pourrons nous encore tenir ainsi ?

Nous ne pouvons donc continuer avec cette orthodoxie de la croissance illimitée ( qui est en fait une décroissance des ressources durables ) dopée par les énergies fossiles et de l’augmentation de la population mondiale et de sa dichotomie avec un monde aux ressources limitées dans un monde au contour limité et devons passer à un autre indicateur qui correspond davantage à notre époque .

Le XXI siècle ne peut plus fonctionner avec un indicateur qui a été créé en 1930 et devons trouver un nouvel indicateur. Je préconise l’IBE ( l’indice du bien-être ) .

Cet indice nous permettrait de voir et d’orienter la vie sur terre  et notre économie différemment et de mettre au cœur les préoccupations les plus importantes : la soutenabilité, la résilience , la vie sous toutes ses formes dans la durée en conservant un équilibre indispensable pour une durabilité de l’humanité sur notre planète .

Le bien être humain dépasse de loin la consommation de bien et de service marchand . Il peut s’agir du bien être individuel ,collectif ,de la santé , de l’éducation , de la qualité des institutions , de la qualité de l’air , du développement de la biodiversité, du bonheur des individus basé sur autre chose que l’avoir qui serait : ETRE !

 Cet indicateur devrait prendre en compte tout ce qui est indispensable à une vie durable sur terre à savoir :

Les taux de :

  • La qualité de l’air ( augmentation ou non des GES entre autres )
  • la qualité des sols
  • de la qualité de la nourriture ( bio sans pesticide et sans impact carbone )
  • de la santé publique ( qualité de nos services de soins , préservation des risques sanitaires : pandémie etc….. )
  • réduction des inégalités  ( les richesses sont-elles équitablement partagées , tout le monde  a-t-il reçu un bon niveau d’éducation etc… )
  • de la biodiversité  (de sa vitalité,  augmentation ou non du nombre de membres des espèces, de la disparition ou non des espèces )
  • des forêts ( augmentation ou non, de sa vitalité , idem pour les variétés d’arbres , et de flore  )
  • du bien être des humains ( les critères sont à définir mais à minima assurer durablement  à chacun un toit, de quoi se nourrir ,vivre en sécurité ,  un revenu )
  • du bien-être collectif
  • de la qualité des institutions et de la démocratie
  • du bien-être animal
  • d’une production de bien et de service décarbonée ,suffisante, raisonnable et compatible avec les limites de renouvellement
  • d’énergie renouvelable

L’indice de bien être  prendrait en compte tous ces paramètres et donnerait un taux complet : le taux IBE qui devrait être continuellement croissant . Nous pourrions ainsi nous projeter à 30, 50 ou 100 ans avec des objectifs de bien être à atteindre et ainsi revoir l’ensemble de notre économie sous un angle plus durable , plus vivable , plus en harmonie avec la planète qui nous accueille et nous a donné la vie ! 

Bien être de la planète = bien être de l’humanité

Jean-luc Tramoni le 27/04/2020

2 commentaires sur “Transition vers le bien être

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